Dans la lignée de mon dernier commentaire sur l'article "la place des animaux dans l'éthique", et du résumé sur les jeux vidéo, voici une version condensée de mon argument concernant la notion de spécisme.
La formulation originale partait de la constatation suivante :

"
À l'inverse, si l'homme est intégralement inclus dans le règne de la nature, s'il n'existe aucune différence morale entre lui et les autres animaux, alors le règne des fins est une pure fiction, la morale un outil au service d'impératifs vitaux à peine déguisés, et tout impératif moral disparaît. Par conséquent, nous sommes amenés à reconnaître que les deux propositions suivantes :

A. Il n'y a pas de spécificité humaine moralement significative (thèse de l'égalité morale).
B. L'homme a le devoir de prendre en considération les intérêts des animaux (thèse du devoir moral)

sont incompatibles. C'est au contraire l'affirmation d'une exception humaine qui seule permet de fonder un devoir moral de l'homme envers les animaux, envers l'ensemble de ce qui est, ou plutôt l'ensemble de ce sur quoi il peut agir."

La proposition qui découle directement de cette constatation, est la suivante :
Si l'homme est sujet de la morale, alors il y a une spécificité morale humaine.
S'il y a une spécificité morale humaine, alors l'homme est un objet spécifique de la morale.


Par conséquent, tout antispécisme est une contradiction performative, parce qu'il nie dans son discours les conditions de possibilité de ce même discours (en tant que discours moral, s'entend).
Les implications de cette réfutation sont significatives, même si elles ne sont pas toujours celles que l'on croit.
Avec cette réfutation de l'antispécisme,  c'est toute théorie des droits animaux qui s'effondre, toute idée selon laquelle les animaux devraient se voir dotés de droits, mais elles seules.
Cela ne revient pas à dire que toute opération de défense des intérêts animaux (car ils en ont, assurément) soit faussée, au contraire ; une telle opération se verrait légitimée par cet argument qui fonde la possibilité d'un devoir humain de souci moral significatif envers les animaux.
Cependant, cela revient également à dire que, à la fois sur le principe et en pratique, les êtres humains doivent se voir privilégiés dans les évaluations morales. Non pas que les animaux se voient exclus de la délibération morale, mais qu'ils sont considérés dans un second temps, ou avec une importance seconde, une fois pris en compte les intérêts de l'homme, notamment de ceux liés à sa survie.

Pour une discussion plus approfondie, je vous renvoie à l'ensemble de l'article, qui est plus général et moins catégorique